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Profil de Zaphie - Le Livre de Poche - Le Prix des lecteurs

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Son carnet de lecture

Son carnet de lecture

Régine Deforges
Blanche et Lucie
[9782253021117]
Lu
Rich-A.J.
Ne mords pas la main qui te nourrit
[9782253163923]
Lu
Jacques Expert
Hortense
[9782253086680]
Lu
Simonetta Greggio
Black Messie
[9782253070184]
Lu
Boris Quercia
Tant de chiens
[9782253085959]
Lu
Sascha Arango
La Vérité et autres mensonges
[9782253111979]
Lu
Carl-Johan Vallgren
Le Garçon de l'ombre
[9782253086390]
Lu
Walter Lucius
Un papillon dans la tempête (La Trilogie Hartland, Tome 1)
[9782253086123]
Lu
Franck Bouysse
Plateau
[9782253164173]
Lu
Jessica Cornwell
Les Pages du serpent
[9782253085805]
Lu
Emmanuel Grand
Les Salauds devront payer
[9782253086079]
Lu
Kimberly McCreight
Amelia
[9782253095095]
Lu

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Ses avis

Ses avis

Premier roman de Régine Deforges, "Blanche et Lucie" trace le portrait impressionniste des deux grand-mères de la narratrice, figures essentielles de son enfance. C'est aussi le récit de la jeunesse d'une femme qui a toujours fait fi des préjugés, des barrières et des barbelés pour créer et diriger sa vie telle qu'elle la voulait. Il y a beaucoup de douceur et de tendresse sans mièvrerie dans ce roman. L'écriture sensuelle de Régine Deforges nous fait remonter le fil du temps et retrouver les sensations d'une petite fille curieuse, effrontée, impatiente de découvrir le monde et de se gorger de vie. Un roman lumineux.
Morgan Prager, la narratrice, se destine à être criminologue et travaille à sa thèse selon laquelle il existe des personnes "prédisposées" à être victimes de toutes sortes de prédateurs. Une thèse qui va être bien mise à mal lorsqu'après avoir découvert son fiancé déchiqueté par des morsures de chiens, elle apprend que celui-ci n'était pas celui qu'il affirmait être. La thématique des liaisons dangereuses sert de fil conducteur au scénario de ce thriller. Il s'agit dès lors d'identifier le personnage qui reprend le rôle de la Merteuil et on tiendra le/la coupable ! le lecteur y parvient bien plus vite que l'héroïne et en arrive à se demander quelle naïveté, quelle inconscience ou quelle bêtise peut pousser quelqu'un, qui se sait en danger de mort et ignore d'où vient la menace, à foncer tête baissée dans les situations les plus funestes sans prendre aucune précaution de sauvegarde ! Apparemment ses études de psychologie judiciaire ne sont guère utiles à Morgan dès qu'elle se trouve confrontée au Mal. On l'aura compris, j'ai lu ce thriller comme on regarde un épisode d'Esprits criminels : sans y croire un seul instant, en souriant devant les invraisemblances de l'intrigue et en grimaçant devant les scènes sanguinolentes. Une lecture distrayante dont il ne me restera pas grand-chose.
Lorsque Sophie croise dans la rue sa fille Hortense, vingt-deux ans après qu'elle lui ait été enlevée par son père biologique, elle est prête à tout pour faire sa connaissance, la reconquérir et reprendre la place et le rôle de mère qu'on l'a forcée à quitter. Elle s'insinue dans la vie de celle qui s'appelle désormais Emmanuelle jusqu'à tisser avec elle une relation affective, un peu glauque. le récit se construit par l'alternance des points de vue de Sophie, d'Hortense et les procès verbaux des dépositions des protagonistes de "l'affaire". Pas grand chose de plus à dire de ce roman policier qui m'a semblé jouer sur de si grosses ficelles que le dénouement m'est apparu davantage comme une évidence que comme une surprise. Je n'ai pas réussi à adhérer à une intrigue aux rebondissements peu crédibles et à une histoire que j'ai trouvée incohérente aussi bien dans la construction des personnages que dans le scénario.
C'est un roman au charme vénéneux que ce "Black Messie" qui nous entraîne dans les Abysses du Mal. Nourrie de faits réels et d'un paquet de références qui agissent comme des miroirs à l'intérieur d'un kaléidoscope, réagençant constamment les faits, l'histoire se structure comme un puzzle dont les pièces prennent la forme de pans de vie des différents personnages : Jacopo, le capitaine des carabiniers, chargé d'enquêter sur les meurtres effroyables dont Florence est le décor ; Miles, déjà marqué par l'assassinat de Nonnie sa femme ; Indiana sa fille habituée à masquer ce qu'elle sait ; H.S., incarnation du mal et Légion, son allégorie. Cette forme à la fois savante et lumineuse, alliée à une écriture saisissante, sublime l'intrigue pour en faire une réflexion pénétrante sur la confrontation au mal, ainsi que sur les démons qui hantent l'Italie depuis des décennies. Percutant et passionnant !
Avec une sélection aussi formidable que celle-ci, avec des romans d'une telle qualité, qui m'ont tous fait vibrer, il m'a été bien difficile de choisir mon polar préféré ! Mais "Sans pitié, ni remords" de Nicolas Lebel reste décidément ma plus belle découverte. Parce que ce roman réunit tout ce que j'aime dans la littérature : une écriture remarquable, de l'émotion, du suspense, de l'humour, un point de vue acéré sur le monde tel qu'il est, une galerie de personnages inoubliables d'humanité, un véritable travail de création, un ton unique... et tout cela sans esbroufe ni lourdeur. Un roman que j'ai dégusté avec gourmandise, avec le bonheur de ne jamais être déçue au fil des pages tournées. Voilà un auteur que je ne perdrai plus de vue !
Accusé d'avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami, Daniel Ford, le narrateur, attend depuis douze ans son exécution dans le couloir de la mort de la prison de Sumter. Alors que toutes les procédures, tous les appels et recours ont échoué, il ne lui reste plus qu'un mois à vivre. John Rousseau, un prêtre, lui rend régulièrement visite et l'incite à raconter les faits exacts qui l'ont amené ici. Le récit du condamné s'enracine dans l'Amérique des années 70. La lutte pour les droits civiques, JFK, Martin Luther King, la ségrégation raciale, la guerre du Vietnam, ne servent pas uniquement de toile de fond à l'histoire de Daniel et Nathan mais agissent comme des ressorts dramatiques et deviennent les éléments-clés qui ont décidé de leur destin. L'alternance entre la narration des évènements passés et la description hallucinante de réalisme du présent, dans ce lieu où les hommes attendent une mort infâme, dessinent un portrait saisissant de l'Amérique et de la violence dont son histoire est tissée. Premier roman de R. J. Ellory, "Papillon de nuit" brille déjà par la virtuosité de sa construction qui tient le lecteur en haleine et le fait passer par toute une chaîne d'émotions puissantes. L'écriture rend admirablement compte des différents mouvements de l'histoire et de la vie intérieure du narrateur. J'ai retrouvé dans ce roman la force évocatrice du style d'Ellory et la solidité de la trame narrative qui rendent ses ouvrages inoubliables. Ma seule petite réserve concerne le dénouement que l'on anticipe dès l'apparition de John Rousseau et qui me semble un peu maladroit au regard de l'intensité de l'ensemble. Mais cela ne diminue aucunement l'efficacité et la charge émotionnelle que véhicule ce roman absolument magistral !
Après avoir enterré Jimenes, son collègue tué au cours d'une fusillade, Santiago Quinones doit répondre à l'enquête des Affaires Internes sur le trafic de drogue dont se serait rendu coupable le défunt. Jimenes, ripoux ? Quinones n'y croit pas tellement mais après tout connaissait-il vraiment ce type muté de Valparaiso pour on ne sait quelles raisons inavouables ? Alors qu'il est soupçonné de complicité et étroitement surveillé, il retrouve Yesenia, une amie d'enfance qui lui confie son effroyable histoire et le charge de supprimer son beau-père, le bourreau qui l'a violée dans son enfance. C'est ainsi que Santiago se retrouve embarqué dans une machination diabolique qui l'oblige à se méfier de tous. Les personnages les plus hauts placés, politiques, financiers, policiers..., sont compromis et prêts à tout pour éviter le châtiment. Traqué de tous côtés il poursuit l'enquête (à moins que ce ne soit elle qui le poursuive !) afin de faire éclater son innocence ainsi que celle de Jimenez et de mettre fin à un odieux trafic d'enfants. Magistralement menée, la narration à la première personne provoque un effet inquiétant qui plonge le lecteur en pleine paranoïa. En qui peut-on avoir confiance ? Que manigançait Jimenez avec le groupe de La Nouvelle Lumière ? Quel cadavre va-t-on trouver derrière chaque porte que l'on entrouvre ? L'intrigue semble s'épaissir à chaque péripétie et l'identification au narrateur est totale. Si bien que l'on frémit, on tremble, on se méfie sans jamais savoir où se trouve la réelle menace. Une atmosphère très noire pour ce bon roman qui m'a tenue en haleine de bout en bout. C'est bien fait et c'est très efficace sans être mirobolant d'originalité.
Henry est un homme comblé. Écrivain à succès, riche et célèbre, il est aussi le mari de Martha, la discrète, et l'amant de Betty, la pulpeuse. Une existence très enviable, qu'il n'est pas prêt à brader malgré les promesses qu'il fait à sa maîtresse lorsque celle-ci lui annonce sa grossesse. A partir de ce moment tout s'emballe et ce qui faisait le bonheur d'Henry se transforme en château de cartes branlant. Car la seule fiction qu'ait jamais inventée Henry est celle de sa vie. Et lorsque la tranquillité de celle-ci est menacée, il faut bien supprimer (au sens littéral) les personnages superflus. Mais c'est là que tout se complique encore et que l'engrenage de mensonges dans lequel s'enfonce le héros risque bien de l'écrabouiller ! Difficile d'en dire plus sans déflorer ce scénario machiavélique qui met un imposteur face aux conséquences de sa duplicité, sans pour autant le rendre antipathique. Car on en arriverait presque à être compatissant pour ce pauvre Henry qui s'enferre de plus en plus dans des situations inextricables. Le ton fait la part belle à l'humour noir, subtilement instillé dans les péripéties les plus scabreuses, mais le suspense monte en puissance à mesure que la nasse semble se resserrer sur le personnage. Celui-ci garde une sorte de désinvolture séduisante mais assez immorale qui nous fait le considérer avec une certaine tendresse malgré ses crimes. Subtil, délicieusement suranné, admirablement construit, "La vérité et autres mensonges" m'a tenue sous ses charmes de la première à la dernière page !
Un monde hyper connecté dans lequel chaque individu peut être identifié, catégorisé, pisté, surveillé, manipulé, cela ne vous rappelle rien ? Inutile de parler de science-fiction : entre 2014, date de publication du roman de Marc Elsberg, et 2016, date de sa parution en français, la réalité a rattrapé le scénario hallucinant de "Zero" ! Et ça fait peur ! Tout commence par l'intrusion d'un drone espion dans la maison de vacances du président américain. Branle-bas de combat parmi les services de sécurité réputés les plus performants du monde ! L'image d'un président grimaçant de terreur fait le tour du monde en quelques secondes. Ainsi commence la traque des membres du groupe Zero, lanceur d'alertes pour dénoncer l'enfumage qui entoure l'utilisation de données personnelles récupérées à chaque connexion. Des données que chaque individu connecté fournit volontairement et que programmes, analyses, algorithmes traduisent à notre insu en applications a-priori bénéfiques pour améliorer la situation personnelle de l'utilisateur. Sauf que... Sauf que ces Act Apps en viennent finalement à diriger toutes les décisions, tous les choix de la manière la plus insidieuse qui soit puisque l'utilisateur reste persuadé de prendre seul toutes l es initiatives et de préserver son libre-arbitre. Sans que quiconque s'en doute, les Act Apps deviennent les miradors virtuels d'un univers orwellien. Big Brother dans notre montre, nos lunettes, notre tablette, notre bracelet... Quel rêve pour les entreprises commerciales, financières, les groupes politiques, religieux, fanatiques ! Aucune possibilité de refuge où que ce soit. Partout et à chaque seconde l'existence de chaque personne est mise dans le domaine public. Impossible d'y échapper ou même de préserver une part minuscule d'intimité ! Et ce qui pourrait faire rire si ce n'était aussi effrayant c'est que tout le monde participe allègrement à cette aliénation de toutes les libertés ! Marc Elsberg a construit une intrigue absolument époustouflante de réalisme et magistralement conduite. Il montre une habileté diabolique pour insinuer dans le cours du récit et de manière tout à fait naturelle, les références techniques précises nécessaires à la compréhension. Les personnages solidement construits dans leur diversité et leur complexité sont aux prises avec des situations dans lesquelles chacun peut se reconnaître. Ce qui provoque une prise de conscience effrayante mais salutaire! Un roman absolument remarquable qui me fait examiner d'un œil suspicieux certaines applications et implications des nouvelles technologies !
A Stockholm en 1970, Kristoffer Klingberg, un petit garçon métis de 7 ans, disparaît pratiquement sous les yeux de son père. Les recherches n'aboutissent pas et nul ne sait ce qu'est devenu l'enfant. Plus de quarante ans après c'est Joël, son frère, qui disparaît à son tour. Devant l'inertie de la police, persuadée qu'il s'agit d'une fugue volontaire, Angela, sa femme, fait appel à Danny Katz, ancien ami de son mari. Lorsqu'Angela est assassinée et que tout l'accuse, ce dernier comprend qu'il est tombé dans un piège potentiellement mortel... Mais cet ancien junkie possède des ressources insoupçonnées qui l'aident à poursuivre l'enquête. Le suspense est savamment entretenu et l'on est contraint de tourner les pages pour découvrir dans quel engrenage machiavélique s'est fourvoyé le héros. Les liens sont assez complexes à démêler et l'histoire ne tient parfois que par des coïncidences frisant l'invraisemblable. Vaudou, vengeance, superstitions, manipulations... de multiples thèmes sont brassés, imbriqués, emmêlés, pour expliquer mobiles et opportunités. Je ne suis pas sûre d'être parvenue à démêler tout l'écheveau, mais cela reste un thriller distrayant qui ne révolutionne, ni ne bouscule aucune loi du genre.

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